Nicolas Messieux CV Contact
Elements naturels de l'Ouest lausannois, notamment la Venoge. → Travaux sur la Venoge Venoge Trouée des transports entre lac et agglomération dans l'Ouest lausannois. → Travaux sur la Venoge Venoge La circulation du hérisson entre jardins vue par des protecteurs → Travaux sur le hérisson et sa protection hérisson nature Schéma des relations entre constituants d'une représentation sociale pour le hérisson → Travaux sur le hérisson et sa protection hérisson Mésange bleue La Pie n°3 LaPie Nette rousse mâle La Pie LaPie Martin-pêcheur La Pie LaPie Musaraigne La Pie n°3 LaPie Harle bièvre femelle s'enfuyant au nourrissage La Pie LaPie Bec-croisé des sapins ! Une charade de → La Pie LaPie Mouette rieuse La Pie LaPie Chouette de Tengmalm La Pie n°4 LaPie Sittelle torchepot La Pie LaPie Grèbe huppé dans la position dite "du chat" pendant la parade nuptiale La Pie n°8 LaPie Pie bavarde La Pie LaPie Boa constrictor La Pie n°9 LaPie Feuille d'églantier La Pie LaPie Trèfle à 4 feuilles, Morges et environs. → Quadrifolium.ch Quadrifolium nature Trèfle à 4 feuilles, Morges et environs. → Quadrifolium.ch Quadrifolium Trèfle à 4 feuilles, Morges et environs. → Quadrifolium.ch Quadrifolium Trèfle à 4 feuilles, Morges et environs. → Quadrifolium.ch Quadrifolium Trèfle à 4 feuilles, Morges et environs. → Quadrifolium.ch Quadrifolium Souchet d'Australie (Anas rhynchotis) échappé de captivité - Paudex (VD) → Géographie régionale Romandie Colline en hiver, surplombant Le Locle (NE) → Géographie régionale Romandie nature Joubarbe en montagne → Géographie régionale Romandie nature Papillon général Vue sur la campagne depuis la Tour de Gourze (VD) → Géographie régionale Romandie nature Quelle place pour l'ours dans les territoires ? → Retour de l'ours en Suisse Ours nature Quelle animalité et quelle individualité ? → Retour de l'ours en Suisse Ours nature Quel(s) risque(s) pose l'ours ? → Retour de l'ours en Suisse Ours Qui est l'ours ? (image transformée, source perdue) → Retour de l'ours en Suisse Ours "Article élogieux dans le journal La Nature", carte du loup → Jeu du loup JeuLoup nature Nourrissage à Notre-Dame de Paris → Les pigeons urbains à Paris pigeon nature Pigeon coloré par un éleveur de pigeons de compétition (Barcelone) → Les pigeons urbains à Paris pigeon nature Pigeons nourris avec du pain dans un espace à part et en travaux (près de Gare de l'Est, Paris) → Les pigeons urbains à Paris pigeon nature C'est le printemps ! Fientes de pigeons sur des voitures garées, sous des arbres (Paris) → Les pigeons urbains à Paris pigeon nature Un pigeon ramier (Columba palumbus), ou palombe, le pigeon des bois qui s'acclimate de plus en plus à la ville (20ème arrdt, Paris) → Les pigeons urbains à Paris pigeon Une femelle hérisson recueillie et qui a reçu un petit suisse. Les produits laitiers sont très contestés par les protecteurs du hérisson. → Le hérisson et sa protection hérisson nature Séparation entre l'espace "sauvage" du jardin où vivent les hérissons sauvages et l'espace plus contrôlé où vivent des hérissons recueillis et en soin. → Le hérisson et sa protection hérisson nature

Le pigeon biset urbain à Paris

Le citadin rencontre le pigeon biset (Columba livia) quotidiennement, parce que celui-ci est très répandu, visible et vit au contact de l’homme. Il profite des ressources que lui offre la ville : nourriture, zones de perchage, endroits abrités et chauds pour nidifier, absence relative de prédateurs.

Il est diversement apprécié et si certains aiment sa compagnie et le fait qu’il amène de la vie dans l’espace urbain, d’autres le détestent pour les nuisances qu’il provoque : fientes, bruit, risque de maladies. Beaucoup n’ont pas une position si tranchée et y sont généralement indifférents. L’appréciation des pigeons varie de surcroît selon les circonstances, en particulier, leur concentration qui est un déterminant important de la perception d’une nuisance.

Des différences culturelles et inter-individuelles existent dans le traitement qui est réservé au pigeon, mais globalement, une tendance à vouloir « réguler » ses populations ou diminuer les nuisances découlant de sa présence existe depuis plusieurs décennies dans une grande partie du monde. Le « conflit » avec l’animal se double de conflits sociaux autour du contrôle. Ainsi, les tentatives de régulation de leur population sont la matière d’affrontements entre personnes pro- et anti-pigeons, essentiellement les protecteurs des animaux contre les riverains, gestionnaires immobiliers et commerçants.
Depuis les travaux de D. Haag-Wackernagel, les nourrisseurs du pigeon sont accusés de provoquer des concentrations de pigeons au motif que l’apport en nourriture est le principal déterminant de leur nombre. L’ensemble forme ce que l’on peut résumer par l’expression « problème-pigeon ».

Des fientes de pigeons sur une voiture à Paris. Laisser sa voiture sur une place quelques jours, voire quelques heures à certaines saisons, peut la rendre ainsi. Photo N. Messieux, 2013.
Pigeons se nourrissant dans un petit chantier urbain, à côté de la Gare de l'Est. Le pain a été donné par des personnes nourrissant volontairement les pigeons (des nourrisseurs). Photo N. Messieux, 2009.

Recherche sur le pigeon urbain

De fin 2008 à début 2012, j'ai mené une recherche* portant sur le pigeon urbain et les nuisances qu'il provoque en ville. Plus exactement, plutôt que seulement nuisances, je me suis intéressé aux relations ambivalentes que le pigeon entretient avec les citadins. Plus particulièrement, je me suis intéressé (à la base et au départ) à la question des nuisances provoquées par le pigeon et à leur réception et perception par les habitants.
* Au Laboratoire Eco-anthropologie et Ethnobiologie du Muséum national d’histoire naturelle du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris (MNHN). Recherche financée par la Région Ile-de-France et dirigée par Bernadette Lizet, directrice de recherche au CNRS/MNHN. Elle s'insérait dans le programme de recherche "Programme pigeon" dirigé par Anne-Caroline Prévot-Julliard, du MNHN.

Terrain de recherche

Le Centre Pompidou, au centre de Paris (4ème arrondissement), a été au coeur de ma recherche. J'y ai effectué un terrain de plusieurs mois. A cet endroit, le nourrissage, la forte fréquentation touristique, le passage important et le tissu urbain varié créent une situation particulièrement intéressante.
J'y ai contacté et rencontré de nombreux habitants, afin de discuter avec eux de leur relation au pigeon et mieux comprendre ce qu'ils pensaient du pigeon, des problèmes et éléments positifs liés à sa présence, et aux interactions diverses et variées liées à et animal. Les rencontres à domicile me permettaient notamment de comprendre comment la configuration locale du bâtiment et de l'habitation entrait en ligne de compte pour créer ou non des possibilités d'interactions.

Résultats : les modifications du milieu urbain et de l'habitat des pigeons, les actions de contrôle du pigeon

Les divers "désordres" liés au pigeon et à son mode de vie appellent à des interventions des acteurs sur le milieu dans lequel vit le pigeon ou le pigeon lui-même.

Les dispositifs anti-pigeons : une approche par la matérialité pour l’étude des relations hommes-pigeons en ville

Messieux N. (2010), colloque ARPenv, "Recherches et Environnement : quelle place pour les sciences humaines et sociales.", Université de Bourgogne, Dijon, 9-12 juin 2010
Le pigeon biset (Columbia livia) est domestiqué depuis plusieurs millénaires, mais des individus échappés ont donné des populations marronnes bien adaptées aux conditions particulières du milieu urbain.
Le citadin rencontre le pigeon quotidiennement : cet animal, par son mode de vie, a une visibilité que d’autres n’ont pas. Le pigeon est diversement apprécié et si certains aiment sa compagnie et le fait qu’il amène de la vie dans l’espace urbain, d’autres le détestent pour les nuisances qu’il provoque, notamment quand il est présent en grand nombre. Nombreux sont ceux qui souhaitent surtout qu’il demeure à sa « juste place » et ne les importune pas.
Reste que le contrôle de cet animal est matière à de nombreux conflits qui opposent protecteurs et riverains. Les nourrisseurs sont souvent accusés de provoquer les concentrations de pigeon au motif que l’apport en nourriture détermine le nombre de pigeons.
La plupart du temps, une solution se révèle impossible à trouver, malgré l’intervention régulière des autorités, et les privés ou les gestionnaires immobiliers finissent par faire installer à leurs frais des dispositifs anti-pigeons : piques, fils et filets.
Les dispositifs anti-pigeons sont un objet original et pertinent pour étudier la relation au pigeon. Nous en faisons le relevé spatial (y compris verticalement sur les façades) pour réaliser la cartographie d’une matérialité qui représente une relation excluante au pigeon.
En y ajoutant des données sur les pigeons eux-mêmes, sur les traces qu’ils laissent, sur les sources de nourriture, sur les possibilité de perchage et de nidification et sur les usages humains de l’espace, nous obtenons une cartographie plus complète et relativement exhaustive de la vie du pigeon en ville. Elle sert de base pour faire des analyses spatiales, dégager des typologies, comparer des situations urbaines (par des quartiers ou des rues) et saisir des évolutions. Cette cartographie sert aussi d’outil heuristique pour identifier des contextes révélateurs, particuliers, singuliers ou originaux autour du pigeon.
Dans ces lieux, nous interviewons les habitants pour faire une ethnographie du rapport au pigeon et des rapports sociaux autour du pigeon. Les disciplines de sciences humaines et sociales apportent alors les outils adaptés, complétant la cartographie et permettant de constituer une réelle géographie urbaine du pigeon.
Grâce à cette méthode, l’observation et l’entretien s’éclairent mutuellement et nous permettent d’appréhender les diverses situations urbaines du pigeon des villes.

La « police » des pigeons

Messieux N. (2010), Colloque Association Française de Sociologie « Regards croisés sur la régulation sociale des désordres », Institut du Développement Social (Rouen), 26-27 octobre 2010.
Les pigeons posent divers problèmes dans les villes : fientes sur les bâtiments, transmission de maladies, concentrations sources de bruits et d’autres désagréments. Ces animaux font en conséquence l’objet de régulation par des privés : proofing, éloignement ou destruction.
Les « problèmes-pigeon » d’une part et les régulations d’autre part sont la source de conflits entre protecteurs des pigeons et victimes de nuisances. Ils deviennent aigus quand des nourrisseurs de pigeons causent des concentrations importantes dans des quartiers. Les autorités se trouvent souvent interpellées dans ces cas, en particulier parce qu’elles sont engagées à deux titres : privé en tant que gestionnaires d’un important parc immobilier qui peut être atteint par les pigeons ; public au vu des problèmes sociaux qui se nouent autour de cet animal.
Le public se distingue du privé par ses possibilités d’action plus importantes dans le temps, l’espace, le contrôle social, les possibilités d’aménagement, etc. Les moyens sont plus coûteux, sophistiqués - et souvent expérimentaux - que dans le privé car les solutions se doivent de satisfaire à la fois les victimes des nuisances, les citoyens en général et les amis des animaux.
Notre communication analyse plus particulièrement le rôle dans la « police » des pigeons des dispositifs - au sens large : piques, filets, pigeonniers, règlements, programmes d’étude, panneaux, euthanasie, graine contraceptive, faucons, etc.

Attirer le hérisson*, éloigner le pigeon : des processus opposés de modification de l'habitat des animaux

Messieux N. (2016), "L'animal et l'homme", 141e congrès du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques (CTHS), Université de Rouen Normandie, avril 2016
Les hérissons et les pigeons trouvent dans le jardin et l'extérieur des immeubles une protection {abri, perchage, nourriture, repos, reproduction).
Les protecteurs des hérissons accentuent cet effet en améliorant leur jardin pour le rendre plus accueillant : pesticides bannis, dangers réduits, nourriture mise à disposition, abris artificiels installés et passages aménagés.
Au contraire, les immeubles visités par les pigeons sont équipés de dispositifs d'éloignement: piques, filets, fils. Ils ne peuvent plus nidifier, se percher ou se reposer et dormir. La protection offerte par l'immeuble leur est ainsi retirée.
Nous développerons cette antinomie en nous basant sur les résultats de deux de nos enquêtes ethnographiques: l'une en Île-de-France auprès des protecteurs des hérissons, l'autre à Paris auprès de professionnels du dépigeonnage et d'habitants d'un quartier riche en pigeons.
* Plus de détails sur les questions relatives au hérisson sur la page dédiée à mes recherches sur cet animal et sa protection.

Résultats : les représentations du pigeon et leurs composantes

Le pigeon est l'objet de multiples représentations, qui ont évolué et gagné/perdu en popularité avec les années. Ces communications prennent l'une des composantes des représentations et analysent comment cette composante est liée aux autres qui forment la représentation et quel rôle elle y joue.

The story of the Rock Pigeon (Columbia livia) and European Hedgehog* (Erinaceus europaeus): the enthusiasts’ perspective.

Messieux N. (2010), ICAZ 2010, International Council for Archaeozoology. 11e congrès international, Muséum national d'histoire naturelle (Paris), 23-28 août 2010.
The story of a species takes various forms, e.g., a description of its evolution, a history of its status at different periods (Prehistory, Neolithic, Industrialisation, …) or a chronicle of its geographical distribution.
The knowledge of a species’ past helps in understanding its present state. However, as data are often scarce or incomplete and results prone to debate, knowledge of the present time is used to interpret or complete that of the past… which in turn explains the present. This circular past-present dialectic produces a consistent story.
This dialectic exists not only among scientists but also among social actors who have an extensive knowledge of a species. Our paper deals with how the enthusiasts of rock pigeons and hedgehogs compose the story of their favourite species by gathering, using, interpreting and connecting prehistorical, historical and modern information.
We focus on the fact that enthusiasts see pigeons as having been strongly affected by Man since Neolithic, while the hedgehog is considered as almost untouched. This contradicts archaeozoological results that show anthropogenic manipulation for both. We evaluate several hypotheses that explain this difference: interpretation or ignorance of archaeological information, focus on the knowledge of the modern biology or on practical knowledge, social representation of the animal as a victim, particular vision of the man-nature relationship.
* Plus de détails sur les questions relatives au hérisson sur la page dédiée à mes recherches sur cet animal et sa protection.

Du piquant du hérisson* à la pique anti-pigeon. Comment penser l'analogie ?

Messieux N. (2009), Congrès du Bureau des étudiants et doctorants (BDEM) du Muséum national d'histoire naturelle (Paris), 2009.
Mon mémoire de master 2 (2008) a porté sur les protecteurs des hérissons en Île-de-France et mon travail de thèse porte sur la perception du pigeon biset des villes et les représentations qu’en ont les différents acteurs.
Lors du développement de ma problématique, un objet m’a paru particulièrement intéressant à observer : la pique anti-pigeon. Placée sur les rebords de fenêtre ou les corniches d’immeubles, elle empêche le stationnement et la nidification du pigeon. Facile à installer et efficace, la pique équipe presque un million de mètres linéaires de façades à Paris. Elle indique dans l’urbain un problème lié au pigeon. La disposition et répartition des piques sur un édifice, dans le quartier ou la ville, renseigne sur des dynamiques liées à l’animal, à la culture et aux rapports sociaux.
Il existe ainsi une analogie de nature morphologique et fonctionnelle entre la pique anti-pigeon et les piquants du hérisson. Il y en a aussi une entre ceux qui se protègent des pigeons et le hérisson qui se protège de ses prédateurs.
Il est même possible d’aller plus loin, en examinant les dynamiques de ces deux animaux. Le hérisson est un des animaux symbolisant ce qui se protège contre le dehors en s’en séparant strictement pour rester sur soi, immobile et fixe. Mais, plus que la carapace de la tortue ou que la coquille de l’huître ou de l’escargot, cette attitude est perçue - à l’aune des hérissons aplatis sur les routes - comme une défense inutile, voire contre-productive. L’immobilité et la fixité deviennent un facteur de vulnérabilité face à ce qui est en mouvement, surtout dans le monde moderne. Le pigeon, lui, est le symbole du messager venant indiquer le changement. On le retrouve sous la forme de la colombe dans les récits bibliques et sous la forme du pigeon dans le roman de P. Süskind « Le Pigeon » (1987).
Ce lien entre les deux animaux n’était absolument pas prévu lors du choix des sujets et des problématiques. Il offre des pistes de réflexion à confronter aux réalités du terrain. Ainsi, au niveau du registre symbolique, il convient de voir si l’opposition entre les animaux se retrouve dans les représentations des riverains. Celle-ci peut offrir un cadre d’analyse original pour les situations à problèmes liées au pigeon : les gens qui se protègent au moyen de piques se protègent-ils d’un « changement » annoncé par le pigeon ? Quel est alors ce changement annoncé ou redouté ?
* Plus de détails sur les questions relatives au hérisson sur la page dédiée à mes recherches sur cet animal et sa protection.

Pour en savoir plus...

Pour toute question, n'hésitez pas à me contacter.
Tous droits réservés 1989-2020 © Nicolas Messieux. Images (dessins, logos, photographies), textes et pages internet de l'auteur, sauf si spécifié autrement.